
choice=,,,,,,,,, 
:Alors, si quelqu'un s'tait trouv l, il aurait vu distinctement l'Ombre pntrer lestement par la fentre d'en face et disparatre dans l'intrieur.
:Le lendemain, comme il ne faisait plus si chaud, le savant tranger sortit. Le ciel tait couvert de nuages ; mais voil qu'ils se dissipent, le soleil reparat.
:Dcidment, ce n'tait pas gai. Mais dans les pays chauds, la vgtation est bien puissante ; tout y pousse et prospre  merveille, et au bout de huit jours, l'tranger aperut,  la lueur de sa lampe, un petit filet d'ombre derrire lui.  Quelle chance ! se dit-il. La racine tait reste.
:-- Mais enfin, dit le savant, ces magnifiques appartements, comment taient-ils ? tait-ce comme un temple sacr ? ou bien s'y serait-on cru sous le ciel toil ? ou bien encore dans une fort mystrieuse ? Ce sont l les lieux o nous aimons  supposer que demeure la Posie.
:-- Apprenez-moi au moins, dit le savant, si dans ces splendides salles vous avez aperu les dieux des temps antiques, les hros des ges passs ? Les sylphides, les gentilles elfes n'y dansaient-elles pas des rondes ?
:Elle fit connatre ses intentions  l'Ombre, qui les accueillit avec une grce et une dignit parfaites. Il fut convenu que la chose serait tenue secrte, jusqu'au moment o l'on serait de retour dans le royaume de la princesse.
:-- Chre dame Marguerite, dit-il, vous tes la plus avise de toutes les fleurs. Dites-moi, je vous prie, si je dois pouser celle-ci ou celle-l.
:-- Jolies, charmantes fleurettes ! dit le papillon, mais elles ont encore un peu trop la tournure de pensionnaires. Comme les trs jeunes gens, il regardait de prfrence les personnes plus ges que lui.
:Le chvrefeuille penchait ses branches en dehors d'une haie ; il y avait l une quantit de filles toutes pareilles, avec de longues figures au teint jaune.
:-- Je vous offre mon amiti, s'il vous plat, mais rien de plus. Je suis vieille, et vous n'tes plus jeune. Nous pouvons fort bien vivre l'un pour l'autre ; mais quant  nous marier... sachons  notre ge viter le ridicule.
:Et au mme instant, l'alouette dirigea son vol, non pas vers les pivoines et les tulipes, mais vers le gazon, auprs de la pauvre pquerette, qui, effraye de joie, ne savait plus que penser.
:Et pendant que la jeune fille emportait les tulipes, la pquerette se rjouissait de n'tre qu'une pauvre petite fleur dans l'herbe. Apprciant la bont de Dieu, et pleine de reconnaissance, elle referma ses feuilles au dclin du jour, s'endormit et rva toute la nuit au soleil et au petit oiseau.
:Bientt deux petits garons entrrent dans le jardin ; le plus grand portait  la main un couteau long et affil comme celui de la jeune fille qui avait coup les tulipes. Ils se dirigrent vers la pquerette, qui ne pouvait comprendre ce qu'ils voulaient.
: ces mots, la pquerette trembla d'effroi. tre arrache, c'tait perdre la vie ; et jamais elle n'avait tant bni l'existence qu'en ce moment o elle esprait entrer avec le gazon dans la cage de l'alouette prisonnire.
:Le pauvre oiseau, se plaignant amrement de sa captivit, frappait de ses ailes le fil de fer de la cage. La petite pquerette ne pouvait, malgr tout son dsir, lui faire entendre une parole de consolation.
:Puis il enfona son bec dans le gazon humide pour se rafrachir un peu. Son regard tomba sur la petite pquerette ; il lui fit un signe de tte amical, et dit en l'embrassant :
:Les petits garons ne revinrent que le lendemain.  la vue de l'oiseau mort, ils versrent des larmes et lui creusrent une fosse. Le corps, enferm dans une jolie bote rouge, fut enterr royalement, et sur la tombe recouverte ils semrent des feuilles de roses.
:Le gazon et la pquerette furent jets dans la poussire sur la grande route ; personne ne pensa  celle qui avait si tendrement aim le petit oiseau.
:-- Grand-mre, s'cria la petite, grand-mre, emmne-moi. Oh ! tu vas me quitter quand l'allumette sera teinte : tu t'vanouiras comme le pole si chaud, le superbe rti d'oie, le splendide arbre de Nol. Reste, je te prie, ou emporte-moi.
:Dans le ruisseau poussaient beaucoup de nnuphars dont les larges feuilles vertes semblaient flotter  la surface de l'eau ; la feuille la plus loigne tait aussi la plus grande de toutes ; c'est l que la vieille grenouille nagea et plaa la coque de noix avec Poucette.
:-- Elle ne piaillera plus ! a doit tre lamentable de natre petit oiseau. Dieu merci, aucun de mes enfants ne sera ainsi, un oiseau pareil n'a rien d'autre pour lui que son  qvivit , et doit mourir de faim l'hiver !
:Et elle posa sa tte sur la poitrine de l'oiseau, mais fut aussitt trs effraye, car il y avait comme des battements  l'intrieur. C'tait le coeur de l'oiseau. L'oiseau n'tait pas mort, il tait engourdi, et la chaleur l'avait ranim.
:La nuit suivante elle se glissa de nouveau vers lui, et il tait alors tout  fait vivant, mais trs faible ; il ne put ouvrir qu'un instant ses yeux et voir Poucette, qui tait l, un morceau de mche  la main, car elle n'avait pas d'autre lumire.
:C'est l qu'elle avait un nid au-dessus de la fentre o habite l'homme qui sait conter des contes, elle lui a chant son  qvivit, qvivit !  et c'est de l que nous tenons toute l'histoire.
:Vint enfin le tour de la cinquime soeur. Son anniversaire se trouvait en hiver, elle vit ce que les autres n'avaient pas vu. La mer tait toute verte, de-ci de-l flottaient de grands icebergs dont chacun avait l'air d'une perle.
:Le soleil venait de se coucher lorsqu'elle sortit sa tte  la surface, mais les nuages portaient encore son reflet de rose et d'or et, dans l'atmosphre tendre, scintillait l'toile du soir, si douce et si belle ! L'air tait pur et frais, et la mer sans un pli.
:Alors seulement la petite sirne comprit qu'il y avait danger, elle devait elle-mme se garder des poutres et des paves tourbillonnant dans l'eau.
:Elle en eut d'abord de la joie  la pense qu'il descendait chez elle, mais ensuite elle se souvint que les hommes ne peuvent vivre dans l'eau et qu'il ne pourrait atteindre que mort le chteau de son pre.
:Elle voyait maintenant devant elle la terre ferme aux hautes montagnes bleues couvertes de neige, aux belles forts vertes descendant jusqu' la cte. Une glise ou un clotre s'levait l-- elle ne savait au juste, mais un btiment.
:Elle avait toujours t silencieuse et pensive, elle le devint bien davantage. Ses soeurs lui demandrent ce qu'elle avait vu l-haut, mais elle ne raconta rien.
:Bien souvent le soir et le matin elle montait jusqu' la place o elle avait laiss le prince. Elle vit mrir les fruits du jardin et elle les vit cueillir, elle vit la neige fondre sur les hautes montagnes, mais le prince, elle ne le vit pas, et elle retournait chez elle toujours plus dsespre.
:Les hommes au contraire ont une me qui vit ternellement, qui vit lorsque leur corps est retourn en poussire. Elle s'lve dans l'air limpide jusqu'aux toiles scintillantes.
:-- Pourquoi n'avons-nous pas une me ternelle ? dit la petite, attriste ; je donnerais les centaines d'annes que j'ai  vivre pour devenir un seul jour un tre humain et avoir part ensuite au monde cleste !
:La petite sirne n'eut pas  le faire, les polypes reculaient effrays en voyant le philtre lumineux qui brillait dans sa main comme une toile. Elle traversa rapidement la fort, le marais et le courant mugissant.
:La petite sirne n'eut pas  le faire, les polypes reculaient effrays en voyant le philtre lumineux qui brillait dans sa main comme une toile. Elle traversa rapidement la fort, le marais et le courant mugissant.
:La nuit, au chteau du prince, lorsque les autres dormaient, elle sortait sur le large escalier de marbre et, debout dans l'eau froide, elle rafrachissait ses pieds brlants. Et puis, elle pensait aux siens, en bas, au fond de la mer.
:Hlas ! il ne sait pas que c'est moi qui ai sauv sa vie ! pensait la petite sirne. Je l'ai port sur les flots jusqu' la fort prs de laquelle s'lve le temple, puis je me cachais derrire l'cume et regardais si personne ne viendrait. J'ai vu la belle jeune fille qu'il aime plus que moi.
:Et il baisait ses lvres rouges, jouait avec ses longs cheveux et posait sa tte sur son coeur qui se mettait  rver de bonheur humain et d'une me immortelle.
:-- Toi, tu n'as srement pas peur de la mer, ma petite muette chrie ! lui dit-il lorsqu'ils montrent  bord du vaisseau qui devait les conduire dans le pays du roi voisin.
:La petite sirne tait fort impatiente de juger de sa beaut. Il lui fallut reconnatre qu'elle n'avait jamais vu fille plus gracieuse. Sa peau tait douce et ple et derrire les longs cils deux yeux fidles, d'un bleu sombre, souriaient. C'tait la jeune fille du temple....
:La petite sirne lui baisait les mains, mais elle sentait son coeur se briser. Ne devait-elle pas mourir au matin qui suivrait les noces ? Mourir et n'tre plus qu'cume sur la mer !
:La petite sirne, vtue de soie et d'or, tenait la trane de la marie mais elle n'entendait pas la musique sacre, ses yeux ne voyaient pas la crmonie sainte, elle pensait  la nuit de sa mort,  tout ce qu'elle avait perdu en ce monde.
:Soudain elle vit ses soeurs apparatre au-dessus de la mer. Elles taient ples comme elle-mme, leurs longs cheveux ne flottaient plus au vent, on les avait coups.
:Cependant, le pote tait dans une vive surexcitation d'esprit lorsqu'il rentra, le soir. Il avait assist  un concert et subi le charme irrsistible d'un incomparable violoniste. Sous le jeu inspir de l'artiste, l'instrument s'tait anim et avait exhal son me en dbordantes harmonies.
:--  bon entendeur, salut ! mon cher, dit la plume  l'encrier, aprs le dpart du matre. Vous avez bien compris ce que j'ai crit et ce qu'il vient de relire tout haut ?
:-- Naturellement, puisque c'est chez moi que vous tes venue le chercher, la belle. Je vous conseille de faire votre profit de la leon, car vous ne pchez pas, d'ordinaire, par excs de modestie. Mais vous n'avez pas mme senti qu'on s'amusait  vos dpens !
:-- Comme cet oiseau me rappelle la bote  musique de notre dfunte impratrice ! dit un vieux gentilhomme. Mais oui, c'est tout  fait la mme manire, la mme diction musicale !
:Mais lui ne se laissa pas dcourager, il se barbouilla le visage de brun et de noir, enfona sa casquette sur sa tte et alla frapper l-bas.
:-- C'est l'air que je sais, dit-elle, ce doit tre un porcher bien dou. Entrez et demandez-lui ce que cote son instrument.
:Lorsqu'il arriva dans la cour, il se mit  marcher tout doucement. Les dames d'honneur occupes  compter les baisers afin que tout se droule honntement, qu'il n'en reoive pas trop, mais pas non plus trop peu, ne remarqurent pas du tout l'empereur. Il se hissa sur les pointes :
:Le porcher se retira derrire un arbre, essuya le noir et le brun de son visage, jeta ses vieux vtements et s'avana dans ses habits princiers, si charmant que la princesse fit la rvrence devant lui.
:C'est, en effet, ce qu'il fit et non sans succs. On disait de lui : Ce garon est une forte tte, un homme entendu et capable, et cependant il ne produit rien. C'tait justement parce qu'il ne produisait rien qu'on le croyait quelque chose.
:Le frre pun savait certes mieux maonner que la pauvre Marguerite, car il avait appris comment il faut s'y prendre. Lorsqu'il eut pass son examen pour devenir compagnon, il boucla sa valise et entonna le chant de l'artisan :
:Son heure sonna aussi, il mourut et arriva  la porte du ciel. L, on entre toujours deux  deux. Il avait  ct de lui une autre me qui demandait aussi  passer la porte. C'tait justement Marguerite, la pauvresse de la maison de la digue.
:-- Je n'ai rien fait pour mriter qu'on m'ouvre cette porte. Ce sera une bien grande grce, si l'on me permet de me glisser inaperue dans le paradis.
:La frayeur, l'effort que je dus faire, le froid glacial qui me saisit, achevrent ma triste existence, et c'est ainsi que me voil arrive  la porte du ciel.
:Tout ce qu'il dit l, pensa en lui-mme le raisonneur, aurait pu tre exprim avec plus d'loquence. Mais il garda sa remarque pour lui seul.
:Voil ! Nous commenons. Lorsque nous serons  la fin de l'histoire, nous en saurons plus que maintenant, car c'tait un bien mchant sorcier, un des plus mauvais, le diable en personne.
:-- Mais bien sr, dit grand-mre. Elle vole l o les abeilles sont les plus serres, c'est la plus grande de toutes et elle ne reste jamais sur la terre, elle remonte dans les nuages noirs.
:Cet t-l les roses fleurirent magnifiquement. Gerda avait appris un psaume o l'on parlait des roses, cela lui faisait penser  ses propres roses et elle chanta cet air au petit garon qui lui-mme chanta avec elle :
:-- Ae, quelque chose m'a piqu au coeur et une poussire m'est entre dans l'oeil. La petite le prit par le cou, il cligna des yeux, non, on ne voyait rien.
:-- Pourquoi pleures-tu ? cria-t-il, tu es laide quand tu pleures, est-ce que je me plains de quelque chose ? Oh ! cette rose est dvore par un ver et regarde celle-l qui pousse tout de travers, au fond ces roses sont trs laides.
:On se mit  dire : Il est intelligent ce garon-l ! Mais c'tait la poussire du miroir qu'il avait reue dans l'oeil, l'clat qui s'tait fich dans son coeur qui taient la cause de sa transformation et de ce qu'il taquinait la petite Gerda, laquelle l'aimait de toute son me.
:Le traneau fut attach  une poule blanche qui vola derrire eux en le portant sur son dos. La Reine des Neiges posa encore une fois un baiser sur le front de Kay, alors il sombra dans l'oubli total, il avait oubli Gerda, la grand-mre et tout le monde  la maison.
:-- Chaque mot que je dis est la pure vrit, interrompit la corneille. J'ai une fiance qui est apprivoise et se promne librement dans le chteau, c'est elle qui m'a tout racont.
:Sa fiance tait naturellement aussi une corneille, car une corneille mle cherche toujours une fiance de son espce.
:-- Possible, rpondit la corneille, je n'y ai pas regard de si prs, mais ma fiance apprivoise m'a dit que lorsqu'il entra par le grand portail, qu'il vit les gardes en uniforme brod d'argent, les laquais des escaliers vtus d'or, il ne fut pas du tout intimid, il les salua, disant :
:-- C'tait lui, c'tait Kay, s'cria Gerda, il tait si intelligent, il savait calculer de tte mme avec les chiffres dcimaux. Oh ! conduis-moi au chteau....
:Alors la corneille et Gerda s'en allrent dans le jardin, dans les grandes alles o les feuilles tombaient l'une aprs l'autre, puis au chteau o les lumires s'teignaient l'une aprs l'autre et la corneille conduisit Gerda jusqu' une petite porte de derrire qui tait entrebille.
:Les voil dans l'escalier o brlait une petite lampe sur un buffet ; au milieu du parquet se tenait la corneille apprivoise qui tournait la tte de tous les cts et considrait Gerda, laquelle fit une rvrence comme grand-mre le lui avait appris.
:-- Pauvre petite, s'exclamrent le prince et la princesse. Ils lourent grandement les corneilles, dclarant qu'ils n'taient pas du tout fchs mais qu'elles ne devaient tout de mme pas recommencer. Cependant ils voulaient leur donner une rcompense.
:Les deux corneilles firent la rvrence et demandrent une charge fixe ; elles pensaient  leur vieillesse et qu'il est toujours bon d'avoir quelque chose de sr pour ses vieux jours.
:Comme il y a des tres humains et aussi des animaux qui sont bons ! L-dessus elle ferma les yeux et s'endormit dlicieusement.
:Tous les rves voltigrent  nouveau autour d'elle, cette fois ils avaient l'air d'anges du Bon Dieu, ils portaient un petit traneau sur lequel tait assis Kay qui saluait. Mais tout ceci n'tait que rve et disparut ds qu'elle s'veilla.
:Le lendemain on la vtit de la tte aux pieds de soie et de velours, elle fut invite  rester au chteau et  couler des jours heureux mais elle demanda seulement une petite voiture attele d'un cheval et une paire de petites bottines, elle voulait repartir de par le monde pour retrouver Kay.
:Gerda pleurait, la corneille pleurait, les premires lieues passrent ainsi, puis la corneille fit aussi ses adieux et ce fut la plus dure sparation. Elle s'envola dans un arbre et battit de ses ailes noires aussi longtemps que fut en vue la voiture qui rayonnait comme le soleil lui-mme.
:On roulait  travers la sombre fort et le carrosse luisait comme un flambeau. Des brigands qui se trouvaient l en eurent les yeux blesss, ils ne pouvaient le supporter.
:S'lanant  la tte des chevaux, ils massacrrent les petits postillons, le cocher et les valets et tirrent la petite Gerda hors de la voiture.
:Dans la grande vieille salle noire de suie, brlait sur le dallage de pierres un grand feu, la fume montait vers le plafond et cherchait une issue, une grande marmite de soupe bouillait et sur des broches rtissaient livres et lapins.
:Aprs avoir bu et mang elles allrent dans un coin o il y avait de la paille et des couvertures. Au-dessus, sur des lattes et des barreaux se tenaient une centaine de pigeons qui avaient tous l'air de dormir mais ils tournrent un peu la tte  l'arrive des fillettes.
:-- Et voil toutes les canailles de la fort, continua-t-elle, en montrant une quantit de barreaux masquant un trou trs haut dans le mur.
:-- Ce sont les canailles de la fort, ces deux-l, ils s'envolent tout de suite si on ne les enferme pas bien. Et voici le plus chri, mon vieux Be !
:-- Il faut aussi l'avoir  la chane celui-l, sans quoi il bondit et s'en va. Tous les soirs je lui caresse le cou avec mon couteau aiguis, il en a une peur terrible, ajouta-t-elle.
:-- Crouou ! Crouou ! nous avons vu le petit Kay. Une poule blanche portait son traneau, lui tait assis dans celui de la Reine des Neiges, qui volait bas au-dessus de la fort, nous tions dans notre nid, la Reine a souffl sur tous les jeunes et tous sont morts, sauf nous deux. Crouou ! Crouou !
:-- Il y a de glace et de la neige, c'est agrable et bon, dit le renne. L, on peut sauter, libre, dans les grandes plaines brillantes, c'est l que la Reine des Neiges a sa tente d't, mais son vritable chteau est prs du ple Nord, sur une le appele Spitzberg.
:Maintenant il nous faut d'abord voir comment tait Kay. Il ne pensait absolument pas  la petite Gerda, et encore moins qu'elle pt tre l, devant le chteau.
:Mais lui restait immobile, raide et froid-- alors Gerda pleura de chaudes larmes qui tombrent sur la poitrine du petit garon, pntrrent jusqu' son coeur, firent fondre le bloc de glace, entranant l'clat de verre qui se trouvait l.
:Les deux animaux portrent Kay et Gerda d'abord chez la femme finnoise o ils se rchauffrent dans sa chambre, et qui leur donna des indications pour le voyage de retour, puis chez la femme lapone qui leur avait cousu des vtements neufs et avait prpar son traneau.
:Les deux rennes bondissaient  ct d'eux tandis qu'ils glissaient sur le traneau, ils les accompagnrent jusqu' la frontire du pays o se montraient les premires verdures : l ils firent leurs adieux aux rennes et  la femme lapone.
:Telle une momie la fleur morte repose dsormais dans son Iliade et comme dans un rve elle entend le pote dire lorsqu'il ouvre le livre : Voici une rose de la tombe d'Homre.
:Alors, ils partirent dans la fort, l o Rossignol avait l'habitude de chanter ; la moiti des gens de la cour suivit. Tandis qu'ils allaient bon train, une vache se mit  meugler.
:Oh !, dit un hobereau.  Maintenant, nous l'avons trouv ; il y a l une remarquable vigueur pour un si petit animal ! Je l'ai srement dj entendu !
:Puis, les grenouilles croassrent dans les marais.  Merveilleux !, s'exclama le prvt du chteau.  L, je l'entends ; cela ressemble justement  de petites cloches de temples.
:Tous s'exclamrent : C'est magnifique ! Et celui qui avait apport l'oiseau reut aussitt le titre de Suprme Porteur Imprial de Rossignol.
:Mais un soir, alors que l'oiseau mcanique chantait  son mieux et que l'empereur, tendu dans son lit, l'coutait, on entendit un cric venant de l'intrieur ; puis quelque chose sauta : crac ! Les rouages s'emballrent, puis la musique s'arrta.
:Tu m'as rcompens !, rpondit Rossignol.  J'ai fait couler des larmes dans tes yeux, lorsque j'ai chant la premire fois. Cela, je ne l'oublierai jamais ; ce sont l les joyaux qui rjouissent le coeur d'un chanteur. Mais dors maintenant, et reprend des forces ; je vais continuer  chanter !
:-- Sois heureux d'tre avec nous, dirent l'air et la lumire du soleil. Rjouis-toi de ta frache et libre jeunesse.
:-- Comme a, nous sommes dans la verdure et le sapin aura aussi intrt  nous couter, mais je ne raconterai qu'une histoire. Voulez-vous celle d'Ivde-Avde ou celle de Dumpe-le-Ballot qui roula en bas des escaliers, mais arriva tout de mme  s'asseoir sur un trne et  pouser la princesse ?
:L'homme racontait l'histoire de Dumpe-le-Ballot qui tomba du haut des escaliers, gagna tout de mme le trne et pousa la princesse. Les enfants battaient des mains. Ils voulaient aussi entendre l'histoire d'Ivde-Avde, mais ils n'en eurent qu'une. Le sapin se tenait coi et coutait.
:-- Voil la fte qui recommence ! pensa l'arbre. Mais ils le tranrent hors de la pice, en haut des escaliers, au grenier... et l, dans un coin sombre, o le jour ne parvenait pas, ils l'abandonnrent.
:-- Mais je ne suis pas vieux du tout, ce n'est que cet hiver que j'ai quitt ma fort ; je suis dans mon plus bel ge, on m'a seulement replant dans un tonneau.
:Il se souvenait d'un petit bouleau qui poussait l-bas, dans la fort, et qui avait t pour lui une vritable petite princesse.
:-- C'tait un vrai plaisir d'avoir autour de moi ces petites souris agiles,  couter ce que je racontais. C'est fini, a aussi, mais maintenant, je saurai goter les plaisirs quand on me ressortira. Mais quand ?
:Ce fut un matin, des gens arrivrent et remurent tout dans le grenier. Ils dplacrent les caisses, tirrent l'arbre en avant. Bien sr, ils le jetrent un peu durement  terre, mais un valet le trana vers l'escalier o le jour clairait.
:-- Voil juste ce qu'il nous faut, dit un des plus gentils de ces elfes, en montrant ma brochette, que je tenais dans ma patte. Et, plus il regardait mon bton de voyage, plus il en paraissait enchant.
:-- Psch, psch ! entendit-on tout  coup. Une petite souris, la quatrime de la bande, celle qu'on avait crue morte, venait d'entrer dans la cuisine. Elle se prcipita comme une flche au milieu de l'assemble, renversant la brochette couverte d'un crpe, qui avait t place l en son souvenir.
:Il y avait une fois vingt cinq soldats de plomb, tous frres, tous ns d'une vieille cuiller de plomb : l'arme au bras, la tte droite, leur uniforme rouge et bleu n'tait pas mal du tout.
:La premire parole qu'ils entendirent en ce monde, lorsqu'on souleva le couvercle de la bote fut : des soldats de plomb ! Et c'est un petit garon qui poussa ce cri en tapant des mains. Il les avait reus en cadeau pour son anniversaire et tout de suite il les aligna sur la table.
:Voil une femme pour moi, pensa-t-il, mais elle est de haute condition, elle habite un chteau, et moi je n'ai qu'une bote dans laquelle nous sommes vingt-cinq, ce n'est gure un endroit digne d'elle. Cependant, tchons de lier connaissance.
:Il s'tendit de tout son long derrire une tabatire qui se trouvait sur la table ; de l, il pouvait admirer  son aise l'exquise petite demoiselle qui continuait  se tenir debout sur une jambe sans perdre l'quilibre.
:Lorsque la soire s'avana, tous les autres soldats rintgrrent leur bote et les gens de la maison allrent se coucher. Alors les jouets se mirent  jouer  la visite,  la guerre, au bal.
:La servante et le petit garon descendirent aussitt pour le chercher. Ils marchaient presque dessus, mais ne le voyaient pas. Bien sr ! Si le soldat de plomb avait cri : Je suis l, ils l'auraient dcouvert. Mais lui ne trouvait pas convenable de crier trs haut puisqu'il tait en uniforme.
:O cela va-t-il me mener ? pensa-t-il. C'est srement la faute du diable de la bote. Hlas ! Si la petite demoiselle tait seulement assise  ct de moi dans le bateau, j'accepterais bien qu'il y ft deux fois plus sombre.
:Le soldat de plomb demeura muet, il serra seulement un peu plus fort son fusil. Le bateau continuait sa course et le rat lui courait aprs en grinant des dents et il criait aux pingles et aux brins de paille en drive.
:Non ! Ce qu'il faisait sombre l-dedans ! Encore plus que sous la planche du ruisseau, et il tait bien  l'troit, notre soldat, mais toujours stoque il resta couch de tout son long, l'arme au bras.
:Comme le monde est petit !... Il se retrouvait dans le mme salon o il avait t primitivement, il revoyait les mmes enfants, les mmes jouets sur la table, le chteau avec l'exquise petite danseuse toujours debout sur une jambe et l'autre dresse en l'air ; elle aussi tait stoque.
:Alors, il y eut tout un remue-mnage, les tableaux eux-mmes se retournrent contre le mur ils savaient pourtant qu'ils avaient un envers-- mais ce n'tait pas pour protester.
:On tait au milieu de la nuit ; la lune, dont les rayons entraient par la fentre, offrait un clairage gratuit. Le jeu allait commencer et tous taient invits, mme la voiture de poupe bien qu'elle appartnt aux jouets dits vulgaires.
:Le petit thtre de marionnettes fut mont de sorte qu'il pt le voir juste de face. Il devait y avoir d'abord une comdie, puis le th, ensuite des exercices intellectuels. Mais c'est par ceux-ci qu'on commena tout de suite.
:La poupe raccommode tait si mue qu'elle se dcolla et le cochon-tirelire, boulevers  sa faon, dcida de faire quelque chose pour l'un des acteurs, par exemple : le mettre sur son testament pour qu'il soit couch prs de lui dans un monument funraire quand le moment serait venu.
:Le vieux domestique sourit, prit le papier et porta le soldat de plomb  son matre. Un peu aprs, il vint trouver les parents, demandant si le petit garon ne voulait pas venir rendre visite au vieux monsieur. Les parents donnrent leur permission, et le petit partit pour la vieille maison.
:Les trompettes sculptes sur la porte, ma foi, avaient les joues plus bouffies que d'ordinaire, et si on avait bien prt l'oreille, on les aurait entendus, qui soufflaient dans leurs instruments : Schnetterendeng ! Ta-ra-ra-ta : le voil, le voil, le petit schnetterendeng !
:-- Mais pas tant que cela, dit le vieux monsieur. Je reois la visite de mes penses d'autrefois, et je revois passer devant moi tous ceux que j'ai connus. Et, maintenant, toi tu es venu me rendre visite ; je me sens trs heureux.
:-- Il ne faut pas voir les choses du mauvais ct, rpondit le petit garon.  moi, tout ici me parat magnifique, et encore n'ai-je pas vu toutes les belles choses que les vieux souvenirs font passer devant les yeux du matre de cans.
:Le vieillard, qui paraissait tout rajeuni et avait l'air tout heureux, revint avec d'excellents gteaux, des confitures dlicieuses, des pommes, des noix et autres friandises ; il plaa tout devant son petit ami, qui, ma foi, ne pensa plus aux peines du soldat de plomb.
:L'enfant retourna chez lui, s'tant diverti  merveille. Le lendemain, il tait  sa fentre, et il fit un signe de tte au vieux monsieur, qui le lui rendit en souriant. Une neuvaine se passa, et alors on revint prendre le petit garon pour le mener  la vieille maison.
:Ae ! s'crie-t-elle, et elle aperoit quelque chose qui brille. Qu'tait-ce ? Devinez-vous ? C'tait le soldat de plomb, que le vieux monsieur avait cherch vainement et qui tait tomb l pendant les dmolitions, se trouvait sous terre depuis tant d'annes.
:-- Et voil ! Je suis ici avec mes talents rares, se lamenta doucement le rverbre, j'ai tant de choses en moi et je ne peux pas les partager avec eux. Je peux transformer leurs murs blancs en superbes tentures, en forts profondes, en tout ce qu'ils pourraient souhaiter.... Et ils l'ignorent !
:Enfin, un oeuf aprs l'autre craqua.  Pip, pip , tous les jaunes d'oeufs taient vivants et sortaient la tte.
:-- Croyez-vous que c'est l tout le grand monde ? dit leur mre, il s'tend bien loin, de l'autre ct du jardin, jusqu'au champ du pasteur-- mais je n'y suis jamais alle.
:-- a dure et a dure, avec ce dernier oeuf qui ne veut pas se briser. Mais regardez les autres, je n'ai jamais vu des canetons plus ravissants. Ils ressemblent tous  leur pre, ce coquin, qui ne vient mme pas me voir.
:-- En voil un norme caneton, dit-elle, aucun des autres ne lui ressemble. Et si c'tait un dindonneau, eh bien, nous allons savoir a au plus vite.
:Le lendemain, il faisait un temps splendide. La cane avec toute la famille S'approcha du foss. Plouf ! elle sauta dans l'eau. Coin ! coin ! commanda-t-elle, et les canetons plongrent l'un aprs l'autre, mme l'affreux gros gris.
:Ils arrivrent  l'tang des canards o rgnait un effroyable vacarme. Deux familles se disputaient une tte d'anguille. Ce fut le chat qui l'attrapa.
:-- Elle a de beaux enfants, cette mre ! dit la vieille cane au chiffon rouge, tous beaux,  part celui-l : il n'est gure russi. Si on pouvait seulement recommencer les enfants rats !
:-- Ce n'est pas possible, Votre Grce, dit la mre des canetons ; il n'est pas beau mais il est trs intelligent et il nage bien, aussi bien que les autres, mieux mme. J'espre qu'en grandissant il embellira et qu'avec le temps il sera trs prsentable.
:Il resta l deux jours. Vinrent deux oies sauvages, deux jars plutt, car c'taient des mles, il n'y avait pas longtemps qu'ils taient sortis de l'oeuf et ils taient trs dsinvoltes.
:Au mme instant, il entendit  Pif ! Paf ! , les deux jars tombrent raides morts dans les roseaux, l'eau devint rouge de leur sang. Toute la troupe s'gailla et les fusils claqurent de nouveau.
:Une vieille paysanne habitait l, avec son chat et sa poule. Le chat pouvait faire le gros dos et ronronner. Il jetait mme des tincelles si on le caressait  rebrousse-poil. La poule avait les pattes toutes courtes, elle pondait bien et la femme les aimait tous les deux comme ses enfants.
:-- Qu'est-ce qui te prend, rpondit-elle. Tu n'as rien  faire, alors tu te montes la tte. Tu n'as qu' pondre ou  ronronner, et cela te passera.
:Alors, soudain, il leva ses ailes qui bruirent et le soulevrent, et avant qu'il pt s'en rendre compte, il se trouva dans un grand jardin plein de pommiers en fleurs. L, les lilas embaumaient et leurs longues branches vertes tombaient jusqu'aux fosss.
:Comme il faisait bon et printanier ! Et voil que, devant lui, sortant des fourrs trois superbes cygnes blancs s'avanaient. Il bouriffaient leurs plumes et nageaient si lgrement, et il reconnaissait les beaux oiseaux blancs. Une trange mlancolie s'empara de lui.
:-- Pip, pip, dit le second, j'en ferais bien autant et mme plus. Et il s'avana jusqu'au milieu de l'appartement. Il ne s'y trouvait personne en ce moment. En furetant  droite et  gauche, les voil tout au fond de la chambre.
